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Mon conjoint doit débuter le traitement de l'Hépatite C et je suis enceinte...

12/02/2011 - 10:02 - par Freelap - 1494 consultations

Bonjour à tous. Nous recherchons de témoignages +++
Mon conjoint a prévu de débuter le traitement de l'hépatite C qu'il reporte depuis 10 ans. Aujourdh'ui, il est décidé mais sachant qu'il ne peut conçevoir d'enfant pendant 13 mois, nous avons décidé d'avoir notre deuxieme bébé avant le début du traitement. Je  suis donc enceinte de 6 semaines et il a pris rendez-vous chez son hépatologue.
Nous sommes assez inquiets et nous nous posons beaucoup de questions.  
Est-ce raisonnable de débuter ce traitement (ribavirine et interferon) sachant tous les effets indésirables qu'il risque d'avoir et moi qui suis déjà fatiguée et à fleur de peau...?
Il se demande s'il ne va pas faire un essai de deux mois d'abord puis arrêter si c'est trop dur. Reporter le traitement encore serait aussi dommage car son médecin le juge à la meilleure periode pour guérir. Nous craignons que plus tard, sa pathologie se complique.
Je ne sais pas quoi lui conseiller sachant que nous ne savons pas quelles réactions au traitement il aura. Je suis en tout cas prête à la soutenir et à être patiente mais si nous sommes tous les deux fatigués, ce sera difficile... Nous avons déjà un bébé de 8 mois et ma famille n'est pas au courant de sa maladie. Il ne pourra donc pas se justifier de sa fatigue, voir d'un arrêt de travail longue durée.
J'attends vos témoignages et vos conseils.

5 réponses à la discussion : Mon conjoint doit débuter le traitement de l'Hépatite C et je suis enceinte...

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gloupidoo a répondu le 18/03/2011 - 14:21

Bonjour,

Je serai peut-être un peu long, mais c'est la première fois que je pourrai peut-être aider quelqu'un avec mon expérience.

Mais ce qui suit n'est que MON expérience, je ne peux pas parler pour d'autres.

J'ai reçu ce traitement en 2001. Je comprends vos interrogations, car ce n'est pas facile comme traitement, mais je ne peux que vous encourager à le suivre (et à le supporter...).

Je pense que la motivation est l'atout majeur.
Elle permettra un suivi scrupuleux du traitement, qui je pense est la clé du succès.

Les conséquences à long terme de cette maladie peuvent être extrêmement graves, on vous l'a sans doute expliqué (cirrhose, cirrhose décompensée, cancer du foie, hépatite fulminante...).
Je ne veux pas vous faire peur, mais c'est la réalité (et ça m'a fait peur... ;-).

Le fait d'avoir de petits enfants peut certainement  encore augmenter cette motivation.

J'avais cette hépatite depuis 20 ans, jamais détectée (alors qu'on aurait pu si on avait voulu...).

A cette époque, les médicaments n'étaient pas encore remboursés chez nous, et j'ai eu la chance d'être intégré dans une étude clinique en vue de leur agrément par la sécurité sociale. Dans cette chance j'en ai encore eu une autre, celle de recevoir l'interféron pégylé (interféron retard, une piqûre par semaine) et ribavirine, le traitement qui offre le maximum de chances.
Les autres groupes de l'étude recevaient soit l'interféron standard 3 piqûres par semaine, soit le standard également mais une piqûre par jour.

Indispensable également pour s'octroyer le maximum de chances : arrêt total de l'alcool pendant le traitement. (maintenant je peux boire tout à fait normalement).

Anecdote :
Le premier médecin consulté m'avait conseillé de boire maximum en alcool l'équivalent d'une bouteille de vin par semaine. Et je calculais mon quota à chaque verre...

Ensuite nous avions été à une réunion d'information sur ce traitement dans un grand hôpital universitaire.
Là le premier intervenant parlait de maximum 4 verres par jour, le second de deux, le troisième d'un seul...
J'en reparle au spécialiste qui allait me suivre pour le traitement, en lui demandant : "Finalement, on peut boire combien ???"

Et il m'a répondu cette phrase, que je n'ai jamais oubliée, et qui fut je pense à la base de ma motivation pour du zéro alcool :

"Si vous voulez boire un verre, buvez un verre, mais c'est un verre de trop."

 

Bon, maintenant venons-en au traitement.

Il est lourd.

Ca ne sert à rien de vous faire croire que ce sera facile, ni pour lui, ni pour l'entourage.
Mais relativisons les choses : il y a des maladies bien plus graves et bien plus lourdes à supporter aussi.
C'est entre les deux. Ce n'est pas douloureux, mais pénible.

Mais GROS avantage sur une maladie : on sait quel jour le traitement commence, on sait quel jour il finit....

C'était comme au service militaire, on décompte les jours. Plus le temps passe, plus ça motive !

 

1. Humeur

Pour les autres, la chose la plus visible sera la modification de caractère.
Le patient devient très irritable. Il ne le fait pas exprès, c'est l'influence chimique des médicaments sur le cerveau. Il n'y peut rien, même si c'est parfois difficile à croire. Il faut garder cela à l'esprit, ça aide à supporter. Car y réagir par une saute d'humeur, ne peut faire qu'aggraver automatiquement les choses.
Rassurez-vous, ça disparaît après le traitement comme c'est venu !

Je m'irritais même moi-même ! Exemple entre autres : remettre une petite vis difficile dans un objet.
Avant (et après...) j'aurais essayé 10 fois de suite tranquillement jusqu'à réussir.
Pendant, au deuxième essai raté, je pestais et jurais comme un diable.

Des petites contrariétés sans importance en temps normal (laisser tomber un papier, accrocher un tapis,...) irritent et énervent la personne au plus haut point. Le patient s'en rend compte, mais :
il n'en peut rien !

Et n'écoutez pas les âmes charitables qui vous diront, comme à mon épouse, " Ouais, les médicaments ont bon dos...".
Ce sont des cons.

Prenez patience, relativisez, et prenez de la distance. Ne vous y accrochez pas, même si c'est difficile. Ca ne dure que 10 mois et la vie sera tellement belle pour tout le monde après le traitement...
RELAX...

 

2. Autres symptômes

Nombreux, variés, permanents ou temporaires qui disparaissent et sont remplacés par d'autres, importants ou bénins, différents suivant les moments du traitement.

Après les premières piqûres, c'est comme une grippe pendant deux jours. Froid, myalgies, céphalées, fatigue.
A partir du 3ème jour cela va mieux, et ensuite plus de symptômes grippaux.
Plus tard, plus on avance dans le traitement, moins on ressent cela de manière aiguë, mais toujours deux jours difficiles, que je passais couché sur le canapé avec du paracétamol.

Anecdote : La première fois, je m'attendais à avoir les symptômes rapidement après ma première piqûre.
J'attendais, j'attendais... "mais il n'y a rien qui vient...!"
Pas de panique ! ;-)  Ca vient lentement, après quelques heures...

Ensuite il y a la fatigue générale qui va s'installer. La ribavirine diminue les globules rouges, d'où anémie.
Efforts plus difficiles, mal dans les jambes pour monter un escalier alors qu'on le montait sans difficulté avant (ou après...).

L'interféron lui s'attaque aux globules blancs, d'où résistance aux infections plus faible.

D'où l'importance du suivi très régulier (analyses de sang). En régime de croisière, pour moi, tous les mois, mais parfois quand ça devenait limite, tous les 15 jours et même toutes les semaines à un moment.
J'ai du diminuer le volume injecté à un moment car les globules blancs étaient vraiment trop bas, et là, comme m'avait dit le spécialiste, si on attrappe une infection, c'est la catastrophe... Plus de défenses.

Ca ne m'a pas empêché d'aller me faire extraire une dent chez le chirurgien-dentiste, pour autant que les défenses étaient suffisantes...

Cela ne m'a pas empêché de faire 1000 km en voiture pour aller en vacances à la montagne en Autriche, et de faire de belles balades sac à dos sur le dos...
Mais pas pendant les deux jours après ma piqûre... c'est tout.
Et puis l'altitude c'est bon pour l'anémie !

Et puis autour de ces symptômes plus généraux et constants (humeur et fatigue), il peut venir se greffer des petites choses, qui vont qui viennent. Des hématomes aux jambes, comme une sorte de sarcoïdose, des éruptions aux mains, comme un eczéma, etc...

3. Pour résumer

Concrètement je faisais ma piqûre le dimanche soir avant d'aller dormir, et j'étais en congé de maladie deux jours.
Je travaillais les 3 autres jours et je pouvais profiter quasi à 100% de mon week-end, puisqu'en fin d'effet de la piqûre précédente.

Parfois j'ai été mis en congé total, quand ça allait un peu moins bien.

J'ai eu un médecin qui n'a jamais ergoté pour me donner congé de maladie car pour lui que l'important était le traitement. C'est ma vie à terme qui en dépendait. Point.

C'est vrai que travaillant dans une administration, j'ai eu beaucoup de chance de ce côté là. Pour un indépendant c'est sans doute beaucoup plus difficile, mais en aménageant un peu son travail, il doit y avoir moyen aussi. Il FAUT qu'il y ait moyen, l'enjeu est vital, c'est le cas de le dire.

A part la première piqûre, pour laquelle une infirmière m'a montré comment faire, je les ai toutes faites moi-même. Pas difficile. Mais j'ai toujours gardé ma motivation vu l'enjeu à terme.
Parfois je retardais l'heure de ma piqûre. 18h, puis 20 h, puis 21, 22 23, mais toujours je l'ai faite le dimanche soir (sauf pour les vacances en Autriche, où le médecin m'a autorisé à en avancer une d'un jour pour le départ et en retarder une d'un jour pour le retour.)

Mais j'ai TOUJOURS fait ma piqûre prévue au moment prévu, je n'en ai sauté aucune.
Et je n'ai PAS BU UNE GOUTTE D'ALCOOL pendant tout le traitement.

Ce sont les deux seules choses qui dépendent de vous et qui ne dépendent que de vous.

Les deux seules sur lesquelles vous avez la maîtrise à 100% dans le processus de guérison.
Respect et surtout régularité du traitement, et absence totale d'alcool.
Le reste, c'est la nature '(ou le destin c'est comme on veut) qui décide.

 

Maintenant si je peux vous donner un conseil : N'ESSAYEZ PAS DEUX MOIS POUR VOIR.

Vous connaîtrez les deux mois probablement les plus difficiles du traitement, et vous ne le recommencerez jamais.

Après, vous verrez, on s'habitue doucement à cet état, comme à tout, (état qui ne dure que 10 mois ne l'oublions pas, qu'est-ce que c'est à côté d'une vie ?), et c'est moins difficile à supporter.
Même si ce n'est pas facile, ni pour le patient, ni pour l'entourage.


Conclusion

Après le traitement on continue les contrôles après pour voir si la disparition du virus se maintient.

Plus le temps passe, plus la probabilité d'une guérison définitive augmente et donc celle d'une rechute diminue.
(Elle diminue jusqu'au moment où la probabilité de voir sa propre hépatite C resurgir ne dépasse plus la probabilité qu'a n'importe qui d'attraper l'hépatite C par voie extérieure).

SI VOUS SAVIEZ QUEL FUT MON BONHEUR, DE REGARDER LA NATURE, LES ARBRES ET FLEURS DE MON JARDIN, LE CIEL BLEU ET LE SOLEIL, EN ME DISANT " JE RESTERAI EN VIE POUR ENCORE POUVOIR VOIR TOUT CA..."

Bon courage.

A votre disposition pour plus d'infos si souhaité, laissez_moi un autre moyen de contact (mail ou autre) dans ce cas.

 

 

 

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gloupidoo a répondu le 18/03/2011 - 14:30

Bonjour,

Je serai peut-être un peu long, mais c'est la première fois que je pourrai peut-être aider quelqu'un avec mon expérience.

Mais ce qui suit n'est que MON expérience, je ne peux pas parler pour d'autres.

J'ai reçu ce traitement en 2001. Je comprends vos interrogations, car ce n'est pas facile comme traitement, mais je ne peux que vous encourager à le suivre (et à le supporter...).

Je pense que la motivation est l'atout majeur.
Elle permettra un suivi scrupuleux du traitement, qui je pense est la clé du succès.

Les conséquences à long terme de cette maladie peuvent être extrêmement graves, on vous l'a sans doute expliqué (cirrhose, cirrhose décompensée, cancer du foie, hépatite fulminante...).
Je ne veux pas vous faire peur, mais c'est la réalité (et ça m'a fait peur... ;-).

Le fait d'avoir de petits enfants peut certainement  encore augmenter cette motivation.

J'avais cette hépatite depuis 20 ans, jamais détectée (alors qu'on aurait pu si on avait voulu...).

A cette époque, les médicaments n'étaient pas encore remboursés chez nous, et j'ai eu la chance d'être intégré dans une étude clinique en vue de leur agrément par la sécurité sociale. Dans cette chance j'en ai encore eu une autre, celle de recevoir l'interféron pégylé (interféron retard, une piqûre par semaine) et ribavirine, le traitement qui offre le maximum de chances.
Les autres groupes de l'étude recevaient soit l'interféron standard 3 piqûres par semaine, soit le standard également mais une piqûre par jour.

Indispensable également pour s'octroyer le maximum de chances : arrêt total de l'alcool pendant le traitement. (maintenant je peux boire tout à fait normalement).

Anecdote :
Le premier médecin consulté m'avait conseillé de boire maximum en alcool l'équivalent d'une bouteille de vin par semaine. Et je calculais mon quota à chaque verre...

Ensuite nous avions été à une réunion d'information sur ce traitement dans un grand hôpital universitaire.
Là le premier intervenant parlait de maximum 4 verres par jour, le second de deux, le troisième d'un seul...
J'en reparle au spécialiste qui allait me suivre pour le traitement, en lui demandant : "Finalement, on peut boire combien ???"

Et il m'a répondu cette phrase, que je n'ai jamais oubliée, et qui fut je pense à la base de ma motivation pour du zéro alcool :

"Si vous voulez boire un verre, buvez un verre, mais c'est un verre de trop."

 

Bon, maintenant venons-en au traitement.

Il est lourd.

Ca ne sert à rien de vous faire croire que ce sera facile, ni pour lui, ni pour l'entourage.
Mais relativisons les choses : il y a des maladies bien plus graves et bien plus lourdes à supporter aussi.
C'est entre les deux. Ce n'est pas douloureux, mais pénible.

Mais GROS avantage sur une maladie : on sait quel jour le traitement commence, on sait quel jour il finit....

C'était comme au service militaire, on décompte les jours. Plus le temps passe, plus ça motive !

 

1. Humeur

Pour les autres, la chose la plus visible sera la modification de caractère.
Le patient devient très irritable. Il ne le fait pas exprès, c'est l'influence chimique des médicaments sur le cerveau. Il n'y peut rien, même si c'est parfois difficile à croire. Il faut garder cela à l'esprit, ça aide à supporter. Car y réagir par une saute d'humeur, ne peut faire qu'aggraver automatiquement les choses.
Rassurez-vous, ça disparaît après le traitement comme c'est venu !

Je m'irritais même moi-même ! Exemple entre autres : remettre une petite vis difficile dans un objet.
Avant (et après...) j'aurais essayé 10 fois de suite tranquillement jusqu'à réussir.
Pendant, au deuxième essai raté, je pestais et jurais comme un diable.

Des petites contrariétés sans importance en temps normal (laisser tomber un papier, accrocher un tapis,...) irritent et énervent la personne au plus haut point. Le patient s'en rend compte, mais :
il n'en peut rien !

Et n'écoutez pas les âmes charitables qui vous diront, comme à mon épouse, " Ouais, les médicaments ont bon dos...".
Ce sont des cons.

Prenez patience, relativisez, et prenez de la distance. Ne vous y accrochez pas, même si c'est difficile. Ca ne dure que 10 mois et la vie sera tellement belle pour tout le monde après le traitement...
RELAX...

 

2. Autres symptômes

Nombreux, variés, permanents ou temporaires qui disparaissent et sont remplacés par d'autres, importants ou bénins, différents suivant les moments du traitement.

Après les premières piqûres, c'est comme une grippe pendant deux jours. Froid, myalgies, céphalées, fatigue.
A partir du 3ème jour cela va mieux, et ensuite plus de symptômes grippaux.
Plus tard, plus on avance dans le traitement, moins on ressent cela de manière aiguë, mais toujours deux jours difficiles, que je passais couché sur le canapé avec du paracétamol.

Anecdote : La première fois, je m'attendais à avoir les symptômes rapidement après ma première piqûre.
J'attendais, j'attendais... "mais il n'y a rien qui vient...!"
Pas de panique ! ;-)  Ca vient lentement, après quelques heures...

Ensuite il y a la fatigue générale qui va s'installer. La ribavirine diminue les globules rouges, d'où anémie.
Efforts plus difficiles, mal dans les jambes pour monter un escalier alors qu'on le montait sans difficulté avant (ou après...).

L'interféron lui s'attaque aux globules blancs, d'où résistance aux infections plus faible.

D'où l'importance du suivi très régulier (analyses de sang). En régime de croisière, pour moi, tous les mois, mais parfois quand ça devenait limite, tous les 15 jours et même toutes les semaines à un moment.
J'ai du diminuer le volume injecté à un moment car les globules blancs étaient vraiment trop bas, et là, comme m'avait dit le spécialiste, si on attrappe une infection, c'est la catastrophe... Plus de défenses.

Ca ne m'a pas empêché d'aller me faire extraire une dent chez le chirurgien-dentiste, pour autant que les défenses étaient suffisantes...

Cela ne m'a pas empêché de faire 1000 km en voiture pour aller en vacances à la montagne en Autriche, et de faire de belles balades sac à dos sur le dos...
Mais pas pendant les deux jours après ma piqûre... c'est tout.
Et puis l'altitude c'est bon pour l'anémie !

Et puis autour de ces symptômes plus généraux et constants (humeur et fatigue), il peut venir se greffer des petites choses, qui vont qui viennent. Des hématomes aux jambes, comme une sorte de sarcoïdose, des éruptions aux mains, comme un eczéma, etc...

3. Pour résumer

Concrètement je faisais ma piqûre le dimanche soir avant d'aller dormir, et j'étais en congé de maladie deux jours.
Je travaillais les 3 autres jours et je pouvais profiter quasi à 100% de mon week-end, puisqu'en fin d'effet de la piqûre précédente.

Parfois j'ai été mis en congé total, quand ça allait un peu moins bien.

J'ai eu un médecin qui n'a jamais ergoté pour me donner congé de maladie car pour lui que l'important était le traitement. C'est ma vie à terme qui en dépendait. Point.

C'est vrai que travaillant dans une administration, j'ai eu beaucoup de chance de ce côté là. Pour un indépendant c'est sans doute beaucoup plus difficile, mais en aménageant un peu son travail, il doit y avoir moyen aussi. Il FAUT qu'il y ait moyen, l'enjeu est vital, c'est le cas de le dire.

A part la première piqûre, pour laquelle une infirmière m'a montré comment faire, je les ai toutes faites moi-même. Pas difficile. Mais j'ai toujours gardé ma motivation vu l'enjeu à terme.
Parfois je retardais l'heure de ma piqûre. 18h, puis 20 h, puis 21, 22 23, mais toujours je l'ai faite le dimanche soir (sauf pour les vacances en Autriche, où le médecin m'a autorisé à en avancer une d'un jour pour le départ et en retarder une d'un jour pour le retour.)

Mais j'ai TOUJOURS fait ma piqûre prévue au moment prévu, je n'en ai sauté aucune.
Et je n'ai PAS BU UNE GOUTTE D'ALCOOL pendant tout le traitement.

Ce sont les deux seules choses qui dépendent de vous et qui ne dépendent que de vous.

Les deux seules sur lesquelles vous avez la maîtrise à 100% dans le processus de guérison.
Respect et surtout régularité du traitement, et absence totale d'alcool.
Le reste, c'est la nature '(ou le destin c'est comme on veut) qui décide.

 

Maintenant si je peux vous donner un conseil : N'ESSAYEZ PAS DEUX MOIS POUR VOIR.

Vous connaîtrez les deux mois probablement les plus difficiles du traitement, et vous ne le recommencerez jamais.

Après, vous verrez, on s'habitue doucement à cet état, comme à tout, (état qui ne dure que 10 mois ne l'oublions pas, qu'est-ce que c'est à côté d'une vie ?), et c'est moins difficile à supporter.
Même si ce n'est pas facile, ni pour le patient, ni pour l'entourage.


Conclusion

Après le traitement on continue les contrôles après pour voir si la disparition du virus se maintient.

Plus le temps passe, plus la probabilité d'une guérison définitive augmente et donc celle d'une rechute diminue.
(Elle diminue jusqu'au moment où la probabilité de voir sa propre hépatite C resurgir ne dépasse plus la probabilité qu'a n'importe qui d'attraper l'hépatite C par voie extérieure).

SI VOUS SAVIEZ QUEL FUT MON BONHEUR, DE REGARDER LA NATURE, LES ARBRES ET FLEURS DE MON JARDIN, LE CIEL BLEU ET LE SOLEIL, EN ME DISANT " JE RESTERAI EN VIE POUR ENCORE POUVOIR VOIR TOUT CA..."

Bon courage.

A votre disposition pour plus d'infos si souhaité, laissez_moi un autre moyen de contact (mail ou autre) dans ce cas.

 

 

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gloupidoo a répondu le 19/03/2011 - 00:38

Bonjour,

Je voudrais encore ajouter ceci après avoir relu votre message à propos des "autres"...

Il n'y a aucune honte à avoir attrapé une hépatite C. D'autant plus que jusqu'il n'y a pas si longtemps, on ignorait son existence, et qu'on ne pouvait dès lors prendre les précautions requises pour éviter une contamination.

La prévalence en Europe est de 3%, en France ou Belgique entre 1 et 1,5%.
Sur 1000 personnes qui vous critiquent, +/- 15 sont porteuses du virus et sur ces 15, les trois quarts l'ignorent...

Ce n'est pas une maladie honteuse, mais il est vrai que certaines personnes mal informées, ou au niveau intellectuel... disons insuffisant, pourraient s'écarter de vous comme si vous étiez pestiféré. Je dirais... tant mieux car la proximité de tels esprits est néfaste. Tant mieux s'ils s'écartent d'eux mêmes, cela évite de les écarter soi-même. POSITIVONS !

Personnellement cela n'a pas été mon cas.
Néanmoins je ne me suis pas non plus justifié à tout le monde.

Pas de problèmes avec la famille, mais au travail, pas d'explications données. En congé de maladie, point. (sauf quelques rares personnes muettes comme des tombes en qui je savais pouvoir avoir une confiance absolue)
Mais il est vrai que du côté de certaines autres (pas toutes heureusement), les cancans allaient bon train.
Car on maigrit aussi (10% du poids personnellement). Et ça se voit forcément.

C'est ainsi que j'ai appris par la bande que j'avais probablement le Sida !  ;-)
Que certains, dont mon chef "tellement apprécié", pris dans leurs propres cancans, s'étaient persuadés que je ne reviendrais plus... et avaient commencé à vider une partie de mes affaires dans mon bureau.
Mais quelle jouissance après le traitement quand on revient et qu'on voit leurs têtes déconfites qui n'y comprennent plus rien !Ils essayaient de savoir mais... sont restés sur leur faim.

Je vous dirais de ne pas avoir peur d'informer vos connaissances, mais aussi alors de bien les informer sur l'hépatite C.

Même si certains auraient des réactions négatives, il y en aura quand même d'autres plus intelligents et compréhensifs.
Et ces gens pourront vous aider et vous soutenir au besoin, ce qui allègerait les choses pour vous.

Cacher me parait la mauvaise solution, car les regards en diront long, les questions fuseront, les suspicions naîtront, la peur de vous cotoyer peut-être aussi, et cela sera un poids qui s'ajoutera encore à la pénibilité du traitement. Et plus vous cacherez, plus les suspicions seront importantes...
Vous n'en aurez vraiment pas besoin...

Mais peut-être, "triez" les connaissances qui méritent d'être au courant...

Encore bon courage.

 

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cecilou a répondu le 11/10/2011 - 17:04

Bonjour,

Ouah quelle pêche ! Ca fait du bien ! Je dois entreprendre un traitement ce soir... aie, aie ! J' ai la trouille mais lire de tels propos avec une envie de vivre si importante me requinque. j' espère que tu es guéri, et que tu n' as plu ces foutus douleurs et cette fatigue permanente. Encore merci pour ces explications, (mieux qu' un médecin), et pour ton optimiste ! J' espère pouvoir en finir avec ce sacré virus.

 

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patou700 a répondu le 11/11/2011 - 03:54

Bonsoir

je voulais aussi temoigner ,vous donner mon experience j'avais une hepatiteC depuis l'age de 25ans apres l'accouchement de ma 3eme fille j'ai ete transfusee 2 fois et j'ai voulu faire le teste quand il en parlais a la tele et resultat positif donc en 2006 mon hepatite evoluait alors mon hepatologue ma conseille le traitement ribavirine et interferon pour 18 mois ,j'ai donc debuter le traitement

1er soir fievre de cheval etat grippal et ce pendant 2 jours ensuite ensuite 2cachets matin et soir de ribavirine a heure fixe et tout les mecredi piqûre d'interferon comme ca je profitais de mon w-end

il est vrai que nous avons des sauts d'humeur quand je sentais la colere monte je m'isolait ma famille etait au courant de tout ce qui pouvait ce passer et donc on me fichais la paix

ensuite il y a les effets secondaires anemie ,secheresse de la peau ,bouche,gencives qui saignent pour ma part et perte importante de cheveux( pour certaine personne )perte de poids ,fatigue ,douleur musculaires

Mais quand on sais le resultat tout ca reste minime de plus je venais d'etre grand-mere donc c'est surtout pour Lola que je me suis battue car je voulais la voir grandir et tout les jours je me disais je vais gagner la bataille il faut reste positive ne pas baisser les bras

pour ce qui est des autres moi je ne l'ai jamais cache car cette maladie ma ete transmise quand je venais de donner la vie bien sur il y a toujours des c..qui ne comprenne rien on ma tourner le dos mais l'essantiel c'etait ma famille vivre pour eux c'est tout ce qui comptait est aujourd'hui apres plusieur teste je n'ai plus rien et je vie presque normalement vu que depuis j'ai un lupus qui c'est declarer et croyer moi l'hepatite c'est rien a coter de cette fichue maladie  voila j'espere vous avoir un peu aider  bon w'end a tous

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