forum Bien vieillir
La retraite .. oui mais
10/10/2009 - 19:25 - par Neige - 230 consultations
Au départ, beaucoup de choses à faire, tout ce qu'on ne fait pas quand on travaille, mais maintenant la dépression s'installe.
De nature combative, la vie ne m'a pas épargnée comme la plupart des personnes, j'ai des activités, mais le réseau social que j'avais quand je travaillais me manque énormément, j'ai beau me retourner, chercher, rien. Dans mes activités physiques, bonjour, au revoir, le bénévolat, merci j'ai donné, mais lorsque moi j'ai eu besoin d'être entourée, personne, l'handicap de mon conjoint suite à sa maladie fait fuir tout le monde
Par cet handicap, certaines portes se ferment, enfants malades, papy et mamy d'adoption
Triste bilan
perle1 a répondu le 31/05/2011 - 13:09
La retraite est un sujet d'actualité, certains l'attendent avec impatience, dans les publicités on ns montre ces retraités encore jeunes, en pleine forme qui profitent de leur liberté, peuvent voyager, être insouciants et prendre enfin soin d'eux ! La réalité est souvent bien différente !
je suis en retraite depuis 2009, j'ai 63 ans, j'ai travaillé, élevé mes enfants sans trop penser à cette "retraite" et puis le temps a passé, en 2008 j'avais 60 ans et ce fut le bouleversement :
Mon cadeau de départ : le décès de mon frère diabétique âgé de 65 ans, le va et vient des ambulances ;Il était dyalisé depuis 2001 et célibataire il vivait avec maman qui se battait avec lui contre cette maladie.
En 2007 mon conjoint et moi avons consacré nos soirées près de maman qui était de plus en plus fatiguée, elle allait avoir 90 ans ; Une seule de mes soeurs plus âgée que moi acceptait de passer des nuits près d'elle, les deux autres, inconscientes ou égoïstes refusaient de sacrifier une de leur soiré
Début 2008 mon frère est décédé à l'hôpital, suite à une chute il s'était cassé l'humérus, l'opération s'était bien passée puis son bras s'est mis enflé, le chirurgien et le médecin du service de néphrologie ne voulait plus prendre en charge un tel malade et n'était pas d'accord sur le diagnostic. L'hôpital, malgré son état et sa situation familiale le renvoyait comme un colis encombrant chez lui !
Maman s'est donc retrouvée seule dans une grande maison de campagne et nous qui ne la voyions pas vieillir avons réalisé qu'elle risquait de ne pas supporter ce décès, et en effet, elle est devenue très fragile, dépressive, en 2009 elle a du être opérée d'une arthrose de la hanche, puis un virus est venu s'installer, il a fallu une autre intervention pour eviter une septicémie, deux anesthésies en une semaine, un mois d'hôpital et un mois de convalescence en maison de repos, on s'est battu pour qu'elle vive. mais, comme nous l'appréhendions son retour chez elle dans cette maison visite a été un drame : maman a commencé à perdre la mémoire, à nous appeler sans cesse, a pleuré, un médecin lui a donné un antidépresseur en nous déclarant que s'il réagissait mal c'est qu'elle avait un début d'alzheimer, en réalité ce médicament ne lui convenait pas et l'avait complètement affaibli, un autre médecin appelé voulait l'hospitaliser, alors nous avons pris la triste décision de la mettre dans une maison de retraite ; c'était le 11 septembre 2009, je n'oublierai jamais son départ, on a fermé sa maison, c'était un nouveau deuil et j'ai dit adieu à mon enfance et à ma jeunesse, je n'ai pas fêté mon départ en retraite avec mes collèges, j'avais bien trop de chagri.n
je peux m'occuper de mes deux petites filles, je suis plus proche de ma fille, mais au fond de moi il y a une grande tristesse, 2 fois par semaine je vais voir maman dans cette maison, physiquement elle ne va pas trop mal mais elle perd la mémoire, elle partage ses journées avec d'autres résidents dont certains sont très handicapés, perte de leur autonomie physique ou mentale, Maman attend mes visites et celle de mes soeurs, il paraît que je suis son "rayon de soleil", je suis devenue sa mère, elle s'accroche désespérement à moi, elle est très affectueuse et s'inquiète toujours pour son entourage, elle souffre toujours d'angoisses et lorsque je la quitte j'ai une boule dans la gorge. Ce week end elle était avec nous, elle a vu ses 3 petites filles et 2 arrières petites filles mais il a fallu qu'elle retourne là-bas, dans cette salle d'attente de la mort . j'aurai aimé l'installer chez moi mais j'ai vite compris que nerveusement je n'aurai pas résisté, mes soeurs me le déconseillaient elles avaient raison.
Dans une autre maison de retraite, mes deux beaux parents âgés de 91 ans, terminent aussi leur vie, nous allons les voir parfois le samedi ou dimanche car mon mari travaille encore, mon beau-père ne marche plus, il est de plus affaibli et ne nous parle presque plus.
Voilà ma vie de retraitée; je ne fais pas d'activité, dans notre nouveau quartier nous ne connaissons personne et puis je suis devenue insomniaque et fatiguée, mon frère était notre pilier, je n'arrive pas à surmonter son décès, je n'accepte pas le départ de maman, pourtant je sais qu'elle ne sera pas éternelle, mais l'expression "faire son deuil" n'a aucun sens, combien d'années faut-il pour retrouver un peu de joie de vivre, apprécier le chant d'un oiseau, la beauté de la nature ? Je suis la plus jeune de la famille, mes deux soeurs ainés ont 70 et 71 ans, ma plus jeune soeur va avoir 67 ans mais depuis le décès de mon frère il y a hélas une rupture avec elle et malgré tous nos efforts pour ramener la paix, nous avons compris que lorsque la vente de la maison familiale serait faite, elle nous rayerait définitivement de sa vie, son conjoint a une très mauvaise influence sur elle, elle n'avait pas assez d'affection pour nous pour réagir et c'est encore une grande épreuve car nous avons partagé beaucoup de bons moments ensemble et je ne comprends pas son comportement, depuis le décès de mon frère, je suis détachée des choses matérielles ;
perle1 a répondu le 31/05/2011 - 13:26
La retraite est un sujet d'actualité, certains l'attendent avec impatience, dans les publicités on ns montre ces retraités encore jeunes, en pleine forme qui profitent de leur liberté, peuvent voyager, être insouciants et prendre enfin soin d'eux ! La réalité est souvent bien différente !
je suis en retraite depuis 2009, j'ai 63 ans, j'ai travaillé, élevé mes enfants sans trop penser à cette "retraite" et puis le temps a passé, en 2008 j'avais 60 ans et ce fut le bouleversement :
Mon cadeau de départ : le décès de mon frère diabétique âgé de 65 ans, le va et vient des ambulances ;Il était dyalisé depuis 2001 et célibataire il vivait avec maman qui se battait avec lui contre cette maladie.
En 2007 mon conjoint et moi avons consacré nos soirées près de maman qui était de plus en plus fatiguée, elle allait avoir 90 ans ; Une seule de mes soeurs plus âgée que moi acceptait de passer des nuits près d'elle, les deux autres, inconscientes ou égoïstes refusaient de sacrifier une de leur soiré
Début 2008 mon frère est décédé à l'hôpital, suite à une chute il s'était cassé l'humérus, l'opération s'était bien passée puis son bras s'est mis à enfler, le chirurgien et le médecin du service de néphrologie ne voulaient plus prendre en charge un tel malade et n'était pas d'accord sur le diagnostic. L'hôpital, malgré son état et sa situation familiale le renvoyait comme un colis encombrant chez lui !
Maman s'est donc retrouvée seule dans une grande maison de campagne et nous qui ne la voyions pas vieillir avons réalisé qu'elle risquait de ne pas supporter ce décès, et en effet, elle est devenue très fragile, dépressive, en 2009 elle a du être opérée d'une arthrose de la hanche, puis un virus est venu s'installer, il a fallu une autre intervention pour eviter une septicémie, deux anesthésies en une semaine, un mois d'hôpital et un mois de convalescence en maison de repos, on s'est battu pour qu'elle vive. mais, comme nous l'appréhendions son retour chez elle dans cette maison visite a été un drame : maman a commencé à perdre la mémoire, à nous appeler sans cesse, a pleurer, un médecin lui a donné un antidépresseur en nous déclarant que s'il ne faisiat pas effet,c'est qu'elle avait un début d'alzheimer, en réalité ce médicament ne lui convenait pas et l'avait complètement affaibli, un autre médecin appelé voulait l'hospitaliser, alors nous avons pris la triste décision de la mettre dans une maison de retraite ; c'était le 11 septembre 2009, je n'oublierai jamais son départ, on a fermé sa maison, c'était un nouveau deuil et j'ai dit adieu à mon enfance et à ma jeunesse, je n'ai pas fêté mon départ en retraite avec mes collèges, j'avais bien trop de chagri.n
je peux m'occuper de mes deux petites filles, je suis plus proche de ma fille, mais au fond de moi il y a une grande tristesse, 2 fois par semaine je vais voir maman dans cette maison, physiquement elle ne va pas trop mal mais elle perd la mémoire, elle partage ses journées avec d'autres résidents dont certains sont très handicapés, perte de leur autonomie physique ou mentale, Maman attend mes visites et celle de mes soeurs, il paraît que je suis son "rayon de soleil", je suis devenue sa mère, elle s'accroche désespérement à moi, elle est très affectueuse et s'inquiète toujours pour son entourage, elle souffre toujours d'angoisses et lorsque je la quitte j'ai une boule dans la gorge. Ce week end elle était avec nous, elle a vu ses 3 petites filles et 2 arrières petites filles mais il a fallu qu'elle retourne là-bas, dans cette salle d'attente de la mort . j'aurai aimé l'installer chez moi mais j'ai vite compris que nerveusement je n'aurai pas résisté, mes soeurs me le déconseillaient elles avaient raison.
Dans une autre maison de retraite, mes deux beaux parents âgés de 91 ans, terminent aussi leur vie, nous allons les voir parfois le samedi ou dimanche car mon mari travaille encore, mon beau-père ne marche plus, il est de plus affaibli et ne nous parle presque plus.
Voilà ma vie de retraitée; je ne fais pas d'activité, dans notre nouveau quartier nous ne connaissons personne et puis je suis devenue insomniaque et fatiguée, mon frère était notre pilier, je n'arrive pas à surmonter son décès, je n'accepte pas le départ de maman, pourtant je sais qu'elle ne sera pas éternelle, mais l'expression "faire son deuil" n'a aucun sens, combien d'années faut-il pour retrouver un peu de joie de vivre, apprécier le chant d'un oiseau, la beauté de la nature ? Je suis la plus jeune de la famille, mes deux soeurs ainés ont 70 et 71 ans, ma plus jeune soeur va avoir 67 ans mais depuis le décès de mon frère il y a hélas une rupture avec elle et malgré tous nos efforts pour ramener la paix, nous avons compris que lorsque la vente de la maison familiale serait faite, elle nous rayerait définitivement de sa vie, son conjoint a une très mauvaise influence sur elle, elle n'avait pas assez d'affection pour nous pour réagir et c'est encore une grande épreuve car nous avons partagé beaucoup de bons moments ensemble et je ne comprends pas son comportement, depuis le décès de mon frère, je suis détachée des choses matérielles ;
Beaucoup de retraités sont confrontés aussi comme moi à la vieillesse de leurs parents et j'en conclus que la retraite n'est pas forcément synonyme de repos et d'insouciance, nous devons être les piliers de nos enfants et en plus les piliers de nos parents qui deviennent nos enfants et de plus, nous commençons à ressentir le poids des ans, si nous pouvons profiter encore de la vie c'est bien entre 60 et 70 ans, chaque dizaine risque de peser lourd si nous passons ce cap car la mort n'a pas d'âge comme dit toujours ma belle-mère.
Je conseille à mes enfants de profiter de chaque moment présent, leur plus grande richesse c'est leur jeunesse mais évidemment on s'en aperçoit trop tard



